jeudi, 26 novembre 2009
L'antiracisme rend con...
La preuve que l’antiracisme rend con, allez donc la chercher dans le « Libé des Philosophes » (tu parles !) de jeudi dernier (19 novembre), allez donc lire trois secondes l’édito non pas de joffrin, ni de dupuy, ni de je ne sais quel journaleux intérimaire de bas étage, mais de Michel Serres soi-même, professeur à la Stanford University, membre de l’Académie Française, vieille tête chenue à l’accent rocailleux, ce qui serait plutôt sympathique, philosophe à ses heures, penseur, moraliste, essayiste, citoyen…etc… et qui signe pourtant un papier où la connerie le dispute à l’affligeante nullité… C’est qu’à force de se vautrer aux pieds de la pensée unique et de salamaléquer en boucle devant la boboïdie triomphante, on finit forcément par se prendre les pieds dans le tapis…
Le Michou de ses dames, voulant se montrer, dans Libé, plus joffriniste que joffrin et plus désirable que Désir n’arrive finalement qu’à se montrer plus sot que Soto, ce qui est une performance non négligeable… Et pour ce faire, voulant tacler sarko et besson sur le fameux débat « identité nationale », le voilà qui fait le grand détour obligé par racisme, antiracisme, pensée unique et langue de bois…
Ainsi, après une laborieuse explication de texte sur la différence entre identité et appartenance, le voilà qui lâche l’immortelle attendue sentence, celle qui le propulse illico au panthéon de la modernité triomphante et lui ouvre les portes de la pétitionnite aigue : « Dire de tel ou tel qu’il est noir, ou juif, ou femme, est une phrase raciste parce qu’elle confond l’appartenance et l’identité… ».
Déjà, confondre race, religion et sexe sous un même vocable « racisme », voilà qui fait guère honneur à la sagacité lexicale d’un « immortel ». Ensuite, si l’on pousse la logique serriste jusqu’au bout, on doit pouvoir écrire que « dire de quelqu’un qu’il est quoi que ce soit : plombier, blond, gendre idéal, bi, surfeur, spinoziste, mélomane ou raton-laveur est forcément une phrase raciste » et on va alors avoir quand même beaucoup de mal à ouvrir sa gueule pour parler simplement de son voisin ou de son collègue de travail sans voir rappliquer dans les dix secondes les commandos armés de la ligue des droits de l’homme ou de la licra… Et même, dire de quelqu’un qu’il est antiraciste doit pouvoir bénéficier du même traitement radical et vous envoyer illico au mitard des vigilants de service…
Alors on voudrait dire à Michou, qui n’est sans doute pas un mauvais bougre, que dire de quelqu’un qu’il est noir, par exemple, c’est pas nécessairement l’enfermer dans cette identité unique, ne vouloir le définir que par cette couleur soulagienne ni en faire un représentant à vie des héritiers de la case de l’oncle tom. C’est pas non plus nécessairement une insulte. Et quand bien même c’en serait une dans la bouche de qui le profère, ça pourrait n’en être point une, et même être une fierté revendiquée, dans l’esprit de qui le reçoit…
Ainsi, cher Michel, si je dis que tu es un con, c’est vrai que je te classe joyeusement et instantanément dans la collection des cons. Mais rassure-toi, cette appartenance peut n’être que momentanée, seulement liée à une faiblesse passagère, et l’on peut alors penser que fuyant Libé et retrouvant ton accent rocailleux, tu vas effacer l’idéologue fou qui sommeillait en toi, ignorer la langue de bois qui t’encombrait la bouche, retrouver le goût de taper dans un ballon de rugby (pas trop fort, Michel, pense à ton arthrose) et te déjoffriniser cinq minutes pour arriver enfin à être toi comme je suis moi… et arrêter alors de dire n’importe quoi…
Lou identique...
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