mercredi, 11 octobre 2006
Aboli bibelot...
Le Monde du 10 octobre, un article intitulé "L'abolition pour toujours", de Pierre-Henri Imbert, ancien directeur général des droits de l'homme au conseil de l'europe (ça c'est du pedigree...!). Et le brave homme de nous causer de la constitutionnalité de la peine de mort par rapport à l'âge du chef de gare et à l'hygrométrie ambiante. Il termine ainsi son pensum :"Les raisons avancées pour l'abolition de la peine de mort... se résument dans le principe fondamental de la dignité humaine, dans l'affirmation que la vie de tout être humain est sacrée..."
C'est tout de même extraordinaire, en ce XXI° siècle, (comme ils disent !), après qu'il a fallu, au nom des Lumières et de la raison raisonnante, éliminer tous les dieux, bannir tous les dogmes, suspendre tous les tabous et éradiquer le sacré, c'est tout de même curieux que le seul argument qu'on nous sorte pour justifier l'abolition de la peine de mort, c'est ce "sacré" que l'on croyait avoir écrasé avec voltaire...!
Moi, je veux bien qu'elle soit sacrée, la vie, dans le principe, là-haut au ciel des idées, mais les hommes ne vivent pas dans le ciel des idées, ils vivent sur la terre des actes, et, comme disait Maurras :"Il ne faudrait pas croire que la machine politique et sociale tourne à vide. Quand elle fait pleuvoir du feu et du sang, les pauvres hommes sont dessous ! Tout au rebours de la chienne de Malebranche, le sentiment ne leur manque pas pour souffrir. Une pensée juste peut les secourir, parfois les sauver. C'est avoir pitié d'eux que de dire la vérité."
Et ici, par exemple, c'est avoir pitié d'eux que de dire que Mr Imbert a sans doute bien de la chance de n'avoir jamais eu sa vieille mère agressée dans son appartement, sa femme et sa fille violées dans une tournante de banlieue, son petit-fils tripoté par quelque éducateur de Mjc et lui-même pris en otage et forcé de donner le code de ses comptes bancaires bruxellois...
S'il y a une vie humaine sacrée, c'est d'abord et surtout et seulement celle des innocents. Celle des ordures, quelle que soit la probabilité de leur incertaine rédemption, ne vaut pas plus que celle de mon chien, et souvent moins...
Lou malbranchée...
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