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mercredi, 30 novembre 2005

Lou Finkielkraut...

 

Interview de Finkielkraut dans Le Monde du 26/11 où il précise ses positions suite à l’interprétation qu’avait donné Le Monde de son interview à Haaretz.

Certaines de ses parades semblent un peu faiblardes et il a dû se lâcher dans Haaretz davantage que ce qu’il prétend… Mais il est si difficile de résister à la meute médiatique, il faut bien en rabattre un peu et dénoncer le « frontiste excité nostalgique de l’épopée coloniale » comme s’il n’était pas  un peu moi et un peu lui… afin d’échapper aux coups les plus rudes et d’obtenir l’adoubement des chiens de garde du consensus.
Bref, ça n’enlève rien au courage et à la lucidité de Fink et, promis juré, Lou continuera d’écouter « Répliques » chaque samedi matin jusqu’à ce que les demorand ou les bourmeau finissent par avoir sa peau. ( Chapeau à Alexandre Adler qui a été le seul à affirmer clairement lundi matin sur France-cul qu’il mettrait plus les pieds ni à France-cul ni aux « Matins » de demorand  si fink s’en faisait éjecter.)
Pour en revenir à l’interview du Monde, Fink en voudra-t-il à sa chère Lou si elle se permet de répondre à sa place à quelques-unes des questions du duo Cypel et Kauffman ?

1/ « La cl é des émeutes dans les cités est, à vos yeux, qu’elles ont été le fait non pas de « jeunes » indéterminés mais de Noirs et d’Arabes musulmans ? »

 Réponse : Il faut être Le Monde et avoir en permanence devant les yeux les lunettes du politiquement correct pour vouloir faire croire qu’il n’y avait que des « jeunes », et en plus « français ». Bien sûr, si l’on s’en tient uniquement à la carte d’identité, ils sont jeunes et français presque tous. Si l’on remonte un brin dans la généalogie (et Le Monde se prive pas de le faire lorsqu’il fait le portrait sur cinq colonnes de « bons » immigrés, les artistes, les stylistes, les intellos, les architectes, les sportifs…), on découvre aussitôt qu’ils sont presque tous originaires d’Afrique noire ou d’Afrique du nord. Et donc la moindre parcelle de sociologie élémentaire devrait faire bannir le terme générique « jeunes » comme non opérationnel et sémantiquement nul. Mais il est vrai que nous ne sommes pas dans la sociologie ni dans le réel mais dans l’idéologie et la bonne conscience.
 
2/ « Les policiers, les éducateurs n’ont pas constaté de revendication religieuse. De même on trouve des Français « de souche » parmi les jeunes condamnés. D’où tenez-vous qu’il s’agit d’une révolte « ethno-religieuse » ?
Réponse : Qu’il y ait des français « de souche » parmi les émeutiers ne peut surprendre que les bobos qui vivent loin des banlieues. Les Français pauvres, ça existe, les Français sdf aussi… Dans une société déstructurée où toutes les valeurs et les repères sont perdus, il serait pour le moins surprenant que des Français « de souche » ne fassent pas partie, eux aussi, du phénomène « racaille, violence et compagnie ». Si le politiquement correct n’existait pas, on pourrait avoir des statistiques sur « de souche » ou pas et les sociologues, au lieu de brasser du vent et de servir la soupe à leurs commanditaires, pourraient faire leur travail au profit de politiques qui ne seraient pas des politiciens soucieux de leur réelection mais des responsables soucieux du bien commun. Mais la République préfère les grands principes quitte à les étayer sur des mensonges.
D’autre part, la révolte n’est pas « ethno-religieuse », elle est « ethno-communautaro-tribalo-médiatique ». Elle s’appuie sur de l’ethnique, sur-valorisé, comme dit Fink et comme disait Maurras, par un pays « qui ne s’aime pas ». Elle s’appuie sur du communautaro-tribalisme lorsqu’il s’agit d’une surenchère délinquante entre cités. Elle s’appuie enfin sur du médiatique lorsqu’ elle trouve en face d’elle des médias suffisamment cons et scoopistophiles pour exhiber sans aucune retenue toutes les images disponibles.
Elle s’appuie surtout sur une absence de valeurs et de repères, absence due au fait que l’immigration, dans un pays incapable de l’accueillir décemment, ne crée que des déclassés, des marginaux, des malheureux et, au bout de la misère, des barbares. « Les prolétaires n’ont rien à perdre que leurs chaînes, disait jadis le vieux barbu, ils ont un monde à gagner. ». Le problème avec ces nouveaux prolétaires du no future, c’est qu’ils n’ont même pas un monde à gagner et donc qu’ils ont et que nous avons tout à perdre.
3/ « Si, comme vous le pensez, « le modèle républicain s’est effondré dans ces émeutes…etc… »
Réponse : Le modèle républicain, on s’en fout. Et d’abord quel modèle républicain ? Où est-elle exemplaire la République, sinon dans les discours et les slogans ? Elle a été et est, tour à tour et à la fois, répressive, magouilleuse, récessive, concussionnaire, menteuse, impérialiste, lâche, va-t’en-guerre, laxiste… bref, tout et le contraire de tout. Ce qui compte, c’est pas la République, mais la France. Et ce qui compte aussi, c’est d’abandonner enfin un régime qui ne sait régler les problèmes, quels qu’ils soient, qu’en fonction de perspectives électorales, c’est à dire en dehors de tout véritable souci du bien commun. En France, ce régime qui aurait le souci du bien commun a un nom : la monarchie. Mais faut pas compter sur les 550 politiciens à la gamelle du Palais-Bourbon pour s’auto-liquider dans une nuit du 4 août mémorable… On pourrait les y aider…
 
Propos recueillis par Lou dédoublée.
 

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